WHAT THE BROC ?! #1

En partant du principe que la pêche c’est du partage, en partant du principe que chaque expérience est bonne à prendre et à entendre (dans ce cas à lire). Voici le premier épisode d’une série d’articles spécialement dédiée aux anecdotes de pêches. En attendant les tiennes je vais ouvrir le bal avec celle qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, celle où j’ai pu attraper ce brochet de 74cm alors que j’avais perdu tout espoir de capturer du poisson lors de cette session… Sert toi un café, installe toi confortablement et partageons ensemble ce souvenir mémorable le temps d’un instant… 21 Octobre 2020, Obstiné par l’idée de capturer un sandre de + de 50cm depuis plusieurs mois, je me lève donc très tôt avec l’idée de traquer ce poisson. Arrivé sur le spot je commence à multiplier les lancés alors que le soleil commence timidement par pointer le bout de son nez. Session très difficile car j’étais frigorifié, je tremblais tellement le froid parcourait mes os mais je suis ce qu’on appelle chez nous, en Belgique, « un tiestu » (un têtu si tu préfères). Les conditions étaient bonnes malgré tout et il était hors de question pour moi d’abandonner cette idée. J’ai donc continué de pêcher jusqu’aux alentours de 10h45. La pluie avait cessé de tomber, le ciel était devenu bleu parsemé de quelques nuages et les températures étaient montées aux alentours de 15C°. Trempé et déçu de ce nouvel échec cuisant, il était inimaginable pour moi de rentrer capot une fois de plus (je venais d’en enchaîner 5 d’affilée… Impossible pour ma fierté d’admettre que cette session-ci ne devienne la 6ème.), j’ai fini par remballer mes affaires dans la voiture et je suis parti en direction d’un spot à brochet et à perches bien décidé à mettre fin à la malédiction qui me frappait depuis plusieurs jours.

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11h00, j’arrive sur mon nouveau spot. Un déversoir bien connu de la région et sur lequel j’ai l’habitude de m’y rendre. Arrivé sur place, je constate que le niveau d’eau est particulièrement bas contrairement à d’habitude et que l’eau est d’une clarté exceptionnelle pour ce spot. L’endroit étant connu pour être un véritable « cimetière à leurres » en temps normal, je décide d’entamer les hostilités avec un leurre de surface (un Popper), étant donné la baisse de niveau phénoménale comparé à d’habitude, j’étais persuadé que mon choix était le bon. J’étais seul, pas âmes qui vivent aux alentours (ce qui est aussi très rare sur ce spot..), pas un pêcheur, pas un promeneur, personne d’autre à part moi à ‘horizon. J’étais bien résolu à sortir un brochet ou une perche de ces eaux. En me positionnant à la distance réglementaire par rapport au déversoir (50m en aval en Belgique) je commence donc à pêcher avec dans l’idée de descendre vers l’aval au fur et à mesure de ma session.

Au bout de 30min, je remarque un homme à +-3m de moi et qui regarde mon matériel. Ne l’ayant pas vu, ni entendu arriver, je décide me rapprocher et d’entamer la discussion avec lui. Il s’agissait ‘un homme de +- 40 ans qui ,voyant que je l’avais remarqué, me lança un grand bonjour avec un accent très prononcés des pays de l’est. Il s’est avéré que ce monsieur était pêcheur aussi et qu’il pêchait souvent lui aussi à cet endroit. Après quelques échanges lors duquel nous nous sommes montrés nos photos de poissons (tu sais comment ça ce passe… En gros, on a joué à qui à la plus grosse comme tout pêcheur qui se respecte tout en flattant l’autre de ses prises. Ça fais du bien à l’égo et ça permet de jauger +- à qui on a affaire. Ici en l’occurrence ce monsieur pêchait surtout le silure et le brochet aux leurres.). La conversation dura +- 15minutes (non sans mal car il parlais difficilement le français) et je décidai de reprendre là où j’en étais arrivé.C’est alors que cet homme m’a dit une phrase que je n’oublierai jamais ! Il montra du doigt ma boite de leurres durs et me demanda si il pouvait y jeter un œil. Je l’y autorisa et au bout de 3 sec il sorti un leurre que je n’avais encore jamais utilisé, encore flambant neuf devenu depuis ce jour là un de mes chouchous (et dont je n’arrive pas à trouver de remplaçant en cas de pertes car la marque est peu représentée..) Un Jerkbait de type Longbill Minnow suspending de 12cm pour 18gr avec comme coloris un joli firetiger assez foncé avec une petite touche holographique sur les flanc de la marque PALADIN. « Si toi vouloir gros poisson ici, toi prendre gros leurre ! Toi prendre jerk !«  Ces mots prononcés et le leurre remis respectueusement dans sa boite, il reparti comme il était venu, discrètement et en silence. J’étais trempé, fatigué et légèrement énervé de cette matinée sans avoir une seule touche.Je fini par me résoudre au fait que ma session allait encore une fois se terminer par un capot et je commençais déjà à me préparer psychologiquement aux railleries amicales qui allaient venir avec de la part de mon entourage. Je fis une petite pause de 5min avec ce fameux Longbill en main le temps de réfléchir aux choix qui se présentaient devant moi. Il me restait +-30min de pêche et toutes les tactiques essayées jusqu’ici n’avait rien donnés. Pourquoi pas écouter les conseils de ce monsieur et donner sa chance au Jerkbait ?

Changement de bas de ligne car la précédent avait frotté contre des pierres et je n’avais plus confiance en lui, en pointe de l’acier sur +-30cm et le Minnow prêt à partir au combat, j’effectuai mon premier lancer avec ce dernier. Au bout de 2 lancés pour tester la nage du leurre, je décide de repasser sur une bordure en direction de l’aval et de remonter vers moi en donnant de grandes tirées et en marquant un temps de pause +-5sec entre chaque mouvement de canne avec 2 petits Twitch en début et en fin de phase d’animation afin d’essayer d’imiter un poisson malade luttant pour sa survie. Au bout de 3 lancés avec cette méthode, alors que je me préparais à sortir le leurre de l’eau pour recommencer à nouveau. Je vois arriver aussi rapidement qu’une balle de fusil un superbe brochet depuis les profondeurs ! À peine à 1m50 du bord, ligne déjà tendue, le choc est violent, le jerk est pris à pleines dents directement dans le flanc ! L’adrénaline monte, le combat rapide mais mémorable ! Une fois le leurre en gueule, il se retourne pour repartir et se ferre seul à cause de la tension du fil déjà présente et sans que je n’aie besoin de faire quoi que ce soit ! Il tire et se retourne en permanence tel un crocodile tentant de noyer sa proie. Les 2 hameçons sont fermement plantés dans sa mâchoire inférieure, impossible que je puisse perdre ce poisson ! Au bout de quelques minutes intenses (qui ont paru durer des heures…), mon cœur bat la chamade, la fierté m’envahit ainsi qu’énormément de gratitudes envers cet inconnu mystérieux pour son conseils, le poisson est dans l’épuisette… Je le sort de celle ci et le contemple les yeux remplis d’admiration pour ce magnifique prédateur. Je le mesure en gardant les yeux ébahis devant cet animal emblématique de ma passion et prend quelques photos rapidement avec lui en guise de trophée de ce moment inoubliable rempli de joie, de fierté et d’étonnement avant de le remettre respectueusement à l’eau. Il reparti aussi rapidement qu’il était venu, me laissant en tête cette magnifique rencontre pour toujours et un leurre bardé des cicatrices comme témoin muet de cette rencontre…

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74 cm de pur plaisir !

Si par le plus grand des hasards ce monsieur se retrouve à lire ces mots un jour: UN TOUS GRAND MERCI MEC !!!! TU AS SAUVÉ MA SESSION CE JOUR LÀ ET M’A OFFERT UN SUPERBE SOUVENIR DE PÊCHE !!! JE NE RISQUE PAS DE T’OUBLIER !!!!

Les leçons que j’ai pu tirer de cette histoire ?

– Ne jamais abandonner même quand le désespoir guette. – Ne pas hésiter à tester de nouvelles approches. – Ecouter les conseils d’autres pêcheurs plus expérimentés ne peut apporter que du bon. – Plus jamais je ne snoberai un leurre de ma boîte, si il est dedans c’est que je l’ai choisi, c’est qu’il fait partie intégrante de ma stratégie au bord de l’eau. Si il est là, c’est que j’ai estimé qu’il était capable de prendre du poisson.

J’espère que ce concept d’article t’as plu. Pour moi ce fût un réel plaisir de le rédiger. je vais essayer d’en présenter régulièrement entre chaque « grosse sortie » du blog mais je ne suis pas non plus un puit sans fond au niveau des anecdotes. Si tu souhaite me faire part d’une des tiennes, quelle qu’elle soit (drôle, inspirante, etc..) n’hésite pas à m’en faire part par mail ou via les réseaux sociaux et je me ferai une joie de la publier dans cette Série « What The Broc ?! » spécialement créée pour le partage de nos histoires de pêche.

À bientôt pour un nouvel article !

Bonne déroule ! Adrien T.

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#WhatTheBroc

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