Un Monstre de Rivière Hennuyer !

Je ne risque pas d’oublier cette session !

STOP ! On arrête tout pendant quelques minutes ! Je sais, normalement devait sortir aujourd’hui la première fiche espèce du blog que je t’avais promis MAIS… Lors de ma dernière session en coup du soir, j’ai fais la rencontre d’un poisson que beaucoup de pêcheurs traquent sans relâche, le genre de poisson que l’on qualifie de « poisson trophée » ou encore « poisson d’une vie », je ne peux pas attendre avant de te le partager car je risque d’oublier bien des détails de cette session qui restera à jamais gravée dans ma mémoire ! Je pourrai mettre cet article dans la série « WHAT THE BROC ?! » car il y aurai tout à fait sa place, mais à session exceptionnelle, article exceptionnel ! Il sera donc classé en « HORS SERIE »

Bref ne perdons pas plus de temps et entrons directement dans le vif du sujet !

Comme à l’habitude,

Installe toi confortablement, prend un café et détends toi,

C’est parti !

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Mardi 16 Août 2021,

18h: C’est l’heure de partir pêcher !

Je prévois ce jour là, d’aller pêcher la truite sur un spot que je n’avais encore jamais pêcher. J’embarque avec moi ma Gamakatsu Akilas 70ML « MiniCrank & Softbait » fraîchement revenue de réparation (2m10 pour 3-14gr de pur bonheur à utiliser !), mes waders, mon sac et ma musette et je prend la route vers ce nouveau lieu inconnu (que je ne te donnerai pas car tout est expliqué ICI), à la fois impatient et excité de découvrir cet endroit aussi sauvage et si peu pêché !

FISH IS FISH ! Je suis content quand même !

Arrivé sur les lieux, je peine à rentrer dans l’eau car l’accès est très boisé mais je suis motivé à faire du poisson, ce n’est pas quelques branches et buissons qui vont m’empêcher d’atteindre mon but ! Je finis par trouver l’eau comme prévu, le cours d’eau est très étroit et ressemble plus à un ruisseau qu’à une rivière mais d’après les infos que j’ai pu obtenir pendant ma prospection internet et téléphonique c’est bel et bien une rivière ! L’eau y coule assez vite, est peu profonde (1m maximum au plus profond) et d’une transparence totale ! Je vois de ma position quelques chevesnes plus en aval et une truite arc en ciel me passe littéralement entre les jambes dans leur direction. C’est ma chance ! Je monte rapidement mon leurre de prospection préféré: une cuillère Taro Holographique en taille 2 de chez Caperlan (erreur de ma part en prenant ma boîte, je cherchais ma Mepps dorée à points rouge à la base..). Je tente un lancé un peu plus bas du banc de chubs et ramène ma cuillère extrêmement lentement en prenant soin de passer à côté des poissons. Petit suivi d’un spécimen de taille modeste mais rien de plus, la truite fait mine de s’y intéresser également avant de faire demi tour et continuer sa route vers l’aval. Ma cuillère revenue, je relance mais les chubs ne réagissent plus… Ils m’ont repérés ça ne sert plus a rien de continuer, j’accélère la récupération de ma cuillère et PAF une petite perche passe me dire bonjour ! Petite photo, mesure rapide et release ! Ma session est donc sauvée par cette brave petite bête alors qu’elle commence à peine !

Je décide alors de remonter le courant en multipliant les lancés à chaque fois que c’est possible (très difficile de pêcher ce spot car beaucoup de branches d’arbres au dessus de l’eau, je te passe les détails du nombre de fois où j’ai accroché dans l’une d’entre elles..). J’arrive ensuite à un tournant où l’eau semble s’accélérer sur l’extérieur et former un belle zone de calme en son intérieur.

Sur ce coup là par contre je n’ai aucunes explication de pourquoi gardon est venu mordre contrairement à ma « Pêche inattendue à la cuillère tournante« 

Changement radical de tactique ! (c’est ça qui est chouette en rivière tu n’as pas d’autres choix que de t’adapter au terrain !). J’équipe alors un petit leurre souple « Natori 55 » de chez Caperlan coloris naturel sur une tête plombée de 1gr et lance le plus en amont possible de « la chute » dans l’espoir d’obtenir une dérive proche du fond et plutôt naturelle (comme si mon leurre était un petit alevin emporté par le courant) dans l’espoir de dénicher l’espèce que j’espère trouver ici: une truite fario (Salmo trutta pour les intimes).

Premier lancé, je mouline et pas de touches mais je suis ravi de la dérive de mon leurre qui est exactement comme je l’espérais. J’enchaîne les lancés en essayant de me rapprocher petit à petit de la zone de calme. Au bout de je ne sais combien de tentatives, je fais passer mon leurre au ras du fond entre le courant et le calme et là: TOUCHE ! Je ferre ! Ce n’est pas grand, je pense à une petite perche et… UN GARDON ?! Je pensais être débarrassé de ces poissons depuis ma mésaventure de la dernière fois (lien de l’article en question sous la photo) mais apparemment je dois les attirer ce n’est pas possible autrement ! Comme pour la perche, une petite photo et hop release ! 30 min que je suis là et 2 poissons déjà, c’est pas mal mais ce n’est toujours pas ma truite ! Je reste motivé et continue mon « odyssée Hennuyère » (HA AU FAIT ! Je ne t’ai pas dis mais « Hennuyer »: c’est le nom des habitants du Hainaut où je vis en Belgique, c’est plus clair pour toi maintenant au cas où tu ne le savais pas.).

Je continue de poncer le poste sans grands résultats et décide alors de continuer. Je passe « la cascade » assez facilement et continue à enchaîner les lancés. Je change encore de leurre, cette fois-ci c’est un « Roachspin 70 » toujours de chez Caperlan que j’équipe (un spintail) coloris « dos bleu » (leurre transparent avec un dos bleu pour être encore plus précis.).

31cm d’illusions..

Je continue de remonter le courant et arrive sur une large zone de calme. Un, deux, trois, quatre lancés et rien… J’avance d’une dizaine de mètre et lance derrière moi par acquis de conscience et là.. BAM ! Touche ! Je ferre, c’est pendu ! Je combat le poisson qui pendant quelques secondes me fait penser à l’objet de ma présence ici: Une truite (enfin !) Il n’a pas fallu longtemps pour vite me rendre compte de mon erreur de jugement dû à l’excitation de la touche… Au bout de quelques secondes, je ramène dans l’épuisette un joli chevesne (qui me fera le déplaisir de régurgiter plusieurs vairons dans l’épuisette..). Petite photo, mesure rapide pour l’ajouter sur mon profil Fishfriender, release et hop on est reparti !

Bon 3 poissons c’est bien mais je n’ai toujours pas ma truite, toute en continuant dans ma lancée j’ai eu droit à plusieurs suivis de chevesnes de tailles équivalentes sur mon Roachspin 70 mais rien de plus. Il commence à faire tard et je décide de rebrousser chemin et de pêcher vers l’aval en retournant vers la voiture à mon aise. vers 20h00, ça y est ! Une truite pas de doutes ! Elle a mordu sur la cuillère Mepps que je venais de mettre, après quelques coups de tête, elle sort de l’eau, c’est une arc en ciel mais je suis super content quand même, « fish is fish ! » comme je dis toujours ! Elle retombe dans l’eau et…se décroche… je suis dégouté mais pas désespéré pour autant, si il y en a une qui a mordu, il y en d’autres qui le feront sûrement !

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71cm de puissance pure !

21h25 (+-), il commence à faire noir et officiellement dans 20min je dois être dans la voiture (car pour rappel, en Belgique, il n’est légal de pêcher « que » 1h avant et après l’heure officielle du levé/couché de soleil). J’ai pas mal de trajet à faire, j’ai juste le temps pour un lancé à gauche et à droite de temps en temps mais pas de poncer comme un malade. Il faut faire vite ! Car en plus avec la luminosité très basse, je vois très mal devant moi et ça peut vite devenir dangereux !

Sur un coup de tête je me dis « Tiens pourquoi ne pas tester le petit Ragot Vitala que j’ai trouvé il y a quelque temps ? Il commence à faire noir et le fait qu’il soit phosphorescent (différence avec phosphorescent et/ou UV: ICI) peut être un atout à exploiter.« . On ne va pas se mentir, ce leurre n’est pas beau, la nage pas vraiment belle et je n’y croyais plus, c’était plus comme « test » et comme « dernier coup de désespoir » que mon choix c’est porté sur ce leurre là. Je le monte sur une tête plombée de 3,5gr « Football » afin de lui donner un peu de rolling et m’avance vers un gros remous que j’avais ignoré à la remontée du cours d’eau.

Je lance le leurre un peu avant le remous, le laisse couler, donne deux coups de manivelles pour le faire rentrer dans le bouillon et là… BOUM ! Je ne sais pas ce que je viens de toucher mais ça n’a pas hésiter une demi seconde à taper dedans ! Je n’y vois rien, il commence vraiment à faire noir et ce que j’ai en bout de ligne est immense ! « J’ai sûrement harponné un barbeau ou une carpe » me dis-je. Mais plus le temps passe et plus je me rend compte de la puissance démesurée de l’adversaire que je combat, impossible que ce soit un poisson harponné ! Ma canne plie dans un angle que je n’avais encore jamais vu, le moulinet hurle littéralement et le poisson fait de gros zigzag dans l’eau, descend et remonte sans me laisser une seconde de répit ! Au bout de quelques minutes, je pense que c’est gagné et commence à le ramener petit à petit et là… La bête embarque du fil en plein dans le courant et commence à dévaler la rivière ! Je suis en 0,18 (autant dire extrêmement léger pour ce genre de poisson !) je risque de casser si je resserre trop vite mon frein et de perdre le poisson si il arrive à prendre le tournant en contrebas ! Pas le choix, il me faut sauter et courir derrière lui au risque de tomber sur une pierre !

Oui, il est vraiment vilain ! Mais plus jamais je ne le sous estimerai ! (Ragot Vitala 7cm)

Là plus de doutes possibles, c’est une super grosse truite ! C’est un endroit vraiment perdu au milieu de nul part, je ne serai pas étonné ,au vu du nombre d’arc en ciel que j’ai croisé sur le spot, que ce soit un grosse mémère rescapée d’un déversement plus en amont d’il y a quelques années et qui s’est sédentarisée sur ce lopin de calme profond. MAIS QUELLE PUISSANCE ! Aucuns poissons ne m’avait encore mis autant en difficulté jusqu’à ce jour ! Je ris comme un enfant tellement c’est grisant et que je suis émerveillé par une telle démonstration de force de cette merveille de la nature !

Je finis par rattraper le mastodonte qui commence à sauter hors de l’eau, il est immense ! Mais dans le noir à part sa taille et un reflet argenté je n’arrive pas à distinguer l’espèce.. Là il commence à fatiguer, il est temps d’inverser la vapeur et de prendre le leadership dans ce combat épique ! Je resserre mon moulinet, il continue à le faire chanter.. je continue à resserrer de plus en plus jusqu’à atteindre le maximum de la capacité de mon Daiwa Legalis LT2020 et pourtant il arrive encore à le faire chanter. Le moulinet c’est moi à présent, j’avance et je recule au fur et à mesure que le poisson se débat ou non car (pour rappel) je suis monter trop fin pour un poisson pareil et rester statique signifie casser à la moindre erreur de ma part avec le frein serrer à fond !

Au bout de 10 min(+-) (la première photo à été prise à 21h38, mes photos sont horodatées c’est comme ça que je sais combien de temps ça a duré approximativement) de combat acharné, j’arrive à le faire revenir à l’épuisette et je le fait glisser le plus délicatement possible à l’intérieur afin de ne pas le stresser encore plus et le faire repartir de plus belle. Il est dans l’épuisette, je hurle ma joie tout en rigolant à gorge déployée tellement je suis heureux d’avoir pu combattre et capturé une prise pareille ! Mais je ne vois toujours pas à quoi le poisson ressemble ! Je décroche le poisson à l’aide de ma pince (dans le noir je te raconte pas la galère) prend mon téléphone et fais une photo de l’épuisette pour découvrir ceci:

La première image de ce poisson après l’avoir décroché, je te laisse imaginer le choc en voyant ça !

Je crie de joie ! Un superbe bécard de Fario ! Jamais je n’aurai cru tombé sur un monstre pareil ici ! Dans 30cm d’eau surtout ! Je sort immédiatement la toise, la mouille et prend la mesure: 71 cm ! Le poisson d’une vie ! Le poisson que beaucoup de pêcheurs de truites recherchent pendant des années est dans MON épuisette, en Belgique ! Je n’en reviens toujours pas au moment où je t’écris ces mots tellement c’est surréaliste ! Je sort mon trépied Bluetooth, installe mon téléphone, active le retardateur et prend quelques clichés avec ce béhémoth sorti de nul part ! Dire que je suis passé à côté de lui sans même le savoir, dire que j’aurai pu ne pas essayer ce remous avant de partir, dire que j’aurai pu aller ailleurs ce jour là, pleins de questions se bousculent dans ma tête, pleins de réflexions sur ce magnifique cadeau de la nature !

Un vrai monstre de Rivière en plein milieu de mon Hainaut Natal ! (Encore merci à Héras de la chaîne YouTube « Nervurax Fishing » pour les retouches photos ! (lien de la chaîne -> ICI)

Après quelques photos rapides (et pas évidentes car dans le noir, je suis obligé d’utiliser le flash et donc pas de vue sur le retour..), je me dirige avec ce trésor aquatique pour lui rendre sa liberté et là c’est le drame ! Ce Brave combattant est épuisé et n’arrive pas à repartir ! (Un cas classique chez la truite..) J’essaye tant bien que mal de le réoxygéner mais pas moyen de le faire partir.. Pendant 20 min je me suis battu pour qu’il reprenne des forces car il était hors de question à mes yeux de prélever un pareil reproducteur de ce milieu ! Ils sont tellement rares que je suis obligé de me battre pour sa survie ! (n’en déplaise à certains !) Au bout de 20 min d’efforts et de stress intenses nous gagnons tout les deux le combat pour sa survie ! Il commence à remuer ! Je le retiens encore car il était trop tôt pour le laisser filer, puis après quelques minutes, il me donne un grand coup de queue et parvient à me faire lâcher prise ! La dernière vision que j’aurai de ce poisson est sa queue fendant la surface à contre courant sous un furtif rayon de lune transperçant les branches au dessus de ma tête (sans doute pour retrouver sa cache… Je ne le saurai certainement jamais.. ).

Je me souviendrai toute ma vie de ce poisson, le remercie pour le combat qu’il m’a offert ainsi que pour ce souvenir inoubliable de pêche ! Je rentre à la voiture encore tremblant à cause de la décharge violente d’adrénaline que je me suis prise et rentre chez moi avec l’impatience de faire découvrir les photos de ce trophée à ma compagne, mes amis et à la communauté de pêcheurs et pêcheuses de Belgique.

 

Toi qui lis cet article, ce blog a été créé pour aider les débutant mais aussi pour promouvoir la pêche en Belgique. Je le répète sans cesse que mon pays est magnifique et méconnu pour ses richesses halieutiques et en voici une preuve ! Je suis vraiment fier de ce poisson en temps que pêcheur mais aussi en temps qu’auteur de ce blog car il me permet d’apporter une preuve tangible de mes dires sur ce dernier et ainsi apporter du crédit à mes propos !

Toi qui débute, je te le dis et je te le répète non stop, n’abandonne jamais ! Persévère et expérimente, il n’y a que comme ça que tu arriveras à faire du poisson ! Je viens de t’en apporter la preuve, je n’ai pas abandonné, j’ai expérimenté et j’ai sans doute fais le poisson de ma vie de cette façon !

Sur ce, j’espère que cette histoire t’as plu et te laisse avec quelques clichés de cette beau mâle de truite fario pour conclure cet article.

Bonne déroule !

Adrien T.

 

Ce bec ! Ces dents ! Incroyable !

71 cm de pure puissance !