Fiche Espèce: Le Sandre.

Étudie ton poisson par ci, étudie ton poisson par là,… Je te répète depuis le début de l’aventure « BlackRiver » d’apprendre à connaître ton poisson pour pouvoir mieux le cerner et donc mieux le pêcher ! Il est temps pour moi de t’aider aussi dans cette démarche ! Pour ce faire, voici le premier volume d’une nouvelle série d’articles où nous allons décortiquer chaque espèce afin d’approfondir un peu plus tes connaissances sur le sujet.

Sur le groupe Facebook du blog (lien -> ICI), j’ai fait un petit sondage pour savoir quel était le poisson qui intéresse le plus les lecteurs et membres de la communauté de BlackRiver et c’est le Sandre qui a pris la tête du sondage (à mon grand étonnement !) juste devant le brochet et la perche qui eux, ont été ex-aequo. Cette première fiche lui sera donc dédiée et j’espère qu’elle te plaira autant que je prends de plaisir à te la rédiger car j’attends depuis un sacré bout de temps déjà de pouvoir lancer cette série !

Bon, prêt(e) à en apprendre plus sur ce splendide carnassier ?

Comme d’habitude,

Installe toi confortablement, prends un café et détends toi,

C’est parti !

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Un joli Sandre bien proportionné de 54cm

Nom commun: Sandre Doré Européen

Espèce: Sander lucioperca

Genre: Sander

Famille: Percidae

Taille (adulte): 40 à 60cm (En moyenne) il peut atteindre + de 1m. Il n’est pas très rare de croiser des individus de 70 à 80 cm.

Poids (moyen): 1 à 3kg (+- 10kg pour les spécimens dépassant le mètre.)

Longévité: entre 10 et 20 ans.

Mode de vie: Grégaire (mais plus ils grossissent et plus ils deviennent solitaires) et lucifuge.

Régime alimentaire: Principalement ichtyophage, il se nourrit également d’écrevisses et peut se montrer Cannibale ponctuellement (en particulier sur les sujets plus petits).

Période de reproduction: D’Avril à Juin (en fonction du climat et plus particulièrement de la température.).

 

Encore merci à Jonathan (membre de la Team de BlackRiver et Modérateur du groupe Facebook de BlackRiver) pour cette magnifique photo !

Origine de l’espèce:

L’origine du nom « Sander » viendrait pour certains de l’allemand « der sand » (le sable) car l’espèce, quand ce substrat est présent, le choisit préférentiellement pour y installer sa frayère. Pour d’autres il viendrait de l’allemand « der zander » tiré du mot « zahn » (la dent), en référence aux canines très proéminentes ornant l’avant de ses maxillaires (qui lui ont conféré également le doux surnom de « Vampire » par les pêcheurs).

Le nom latin « lucioperca » signifie littéralement « brochet-perche » (« lucio » pour brochet et « perca » pour perche). À cause de la ressemblance de ce poisson à un potentiel croisement entre un brochet et une perche (MAIS IMPOSSIBLE ! On parle juste d’une potentielle ressemblance ! Il s’agit d’une espèce à part entière !)

Ce poisson de la famille des percidés (un proche cousin de la perche !) est originaire d’Europe centrale (plus précisément du fleuve « Elbe » en Allemagne jusqu’au Mont « Oural » et dans plusieurs cours d’eau allant jusqu’en Russie et la mer Baltique mais aussi dans le Danube qui traverse l’Allemagne jusqu’à la Mer Noire.), où il cohabite naturellement avec le silure ou encore l’aspe.

Le Sandre a été introduit en France à la fin du XIXème siècle, à partir d’individus en provenance de Hongrie, pour satisfaire les besoins de la pêche de loisir. La première observation date de 1888 dans le Rhin, et en 1912 l’espèce avait colonisé le bassin de la Marne en utilisant les canaux le reliant au Rhin. Il a ensuite été signalé en 1915 dans le Doubs, en 1920 dans la Saône et en 1930 dans le delta du Rhône. La maîtrise de sa reproduction et du transport des pontes ont ensuite permis de l’introduire dans l’ensemble du réseau hydrographique continental ainsi qu’en Corse en 1970 (Pascal et al., 2006 ; Keith et al., 2011). (Ce paragraphe est un pur copié/collé de: source). Certains auteurs pensent que son introduction a permis de remplacer les populations déclinantes de brochets (menacées par la pollution et les aménagements des cours d’eau) et d’ainsi rétablir l’équilibre de certains cours d’eau par la présence d’un prédateur.

Par la suite, il s’est répandu largement sur le territoire Européen où on le retrouve principalement dans les zones d’eaux calmes, les lacs et les cours d’eau navigables (en particulier les canaux artificiels).

On dénombre 5 espèces distinctes de Sandres (3 espèces européennes et 2 espèces américaines), celui que l’on retrouve ici en Belgique et qui est décrit dans cet article est le Sandre Doré Européen (Sander lucioperca). Tu peux retrouver en bas d’article, un lien qui te montrera un petit descriptif de chaque espèce avec des photographies.

 

« Bon c’est bien joli tout ça mais en quoi ça va m’aider dans ma pêche de cette espèce ? » Me diras-tu.

A rien (pour la plupart des informations)… Mais c’est toujours intéressant à savoir donc prends-en note quand même ! (Et puis, à dire avec le petit doigt levé en buvant son verre de vin à table lors d’un repas ça peut toujours faire son effet.).

Rentrons un peu plus dans les détails de cette espèce afin que tu comprennes mieux sa vie et donc que tu puisses en tirer des conclusions utiles pour toi mieux le pêcher.

 

oui, tu as déjà vu cette image dans « Comment débuter la pêche aux leurres: Partie II«  mais elle a sa place ici aussi (si pas plus d’ailleurs !)

Anatomie du sandre (si, crois moi c’est utile à savoir !):

Le Sandre est une espèce de grand poisson osseux d’eau douce et d’eau saumâtre.

Il possède les attributs caractéristiques des percidés, comme la perche, il possède deux nageoires dorsales espacées de quelques centimètres. La première possède des épines (ATTENTION LORS DE LA MANIPULATION ! Tu vois que c’est utile ?), et la deuxième plus souple. Il possède aussi des épines sur ses autres nageoires mais en moins grand nombre que sur la dorsale principale.

Son corps est long et fuselé. Sa peau rugueuse est grise/verte (légèrement brune aussi) sur son dos (avec un magnifique reflet doré) et le ventre blanc. Le sandre possède des rayures verticales plus foncées sur les flancs semblables à celles de sa cousine la perche mais moins prononcées visuellement. Sa ligne latérale est particulièrement bien marquée. La couleur de sa robe peut varier d’un milieu à l’autre (plus claire ou plus foncée) et change de couleur lors du frai chez le mâle pour devenir plus sombre (on lui donne alors le surnom de « Sandre Charbonnier » à cette période du fait de sa couleur devenue noirâtre.).

Concernant sa tête, elle est fine et longue, sa gueule est bien fendue, plutôt large et équipée de deux paires de canines très développées sur les mâchoires situées à l’avant de cette dernière. (Attention aussi lors de la manipulation ! Il n’hésite pas à les faire claquer ! Mon pouce en a déjà fait les frais et crois-moi ce n’est pas agréable du tout…). Ses opercules ont deux rayons d’épines acérées qui sont très coupantes sur leurs bords inférieurs !

Il existe un dimorphisme sexuel apparent pour cette espèce: On distingue le mâle de la femelle à la forme de la ligne située entre la tête et la dorsale : concave chez le mâle, convexe pour la femelle (différence concave/convexe -> ICI).

Des yeux perçants, des dents affûtées. En bref, un prédateur des mieux équipés pour la chasse !

Les atouts physiques majeurs de ce poisson carnassier pour emplir sa fonction de prédateur accompli sont sans nul doute ses yeux ! En effet ceux-ci possèdent, en arrière de la rétine, un Tapetum lucidum qui est une couche réfléchissante extrêmement sensible à la lumière, tapissée au fond de l’œil. Ce précieux « tapis luisant » lui confère une meilleure captation des rayons lumineux lui permettant ainsi de voir dans les coins les obscurs de nos eaux. Ce « tapis » se retrouve aussi chez d’autres espèces comme par exemple chez des requins ou chez des animaux nocturnes comme le chat, des rapaces nocturnes etc. Ce qui lui confère un avantage non négligeable dans l’obscurité lorsqu’il est en chasse grâce à son effet sur l’acuité visuelle du poisson dans ces conditions. Il peut voir ses proies bien avant qu’elles ne le voit fondre sur elles !

Oui cette photo aussi a déjà été utilisée aussi dans « Comment choisir son coloris de leurres ? #2 Facteurs Biologiques. » mais elle a aussi à sa place ici ! (surtout que l’on peut observer ici, le fameux « Tapetum lucidum » briller sur cette photo.)

Au niveau de son anatomie, notons aussi que les sandres possèdent (comme tous les percidés) une vessie natatoire fermée, ils ne peuvent compenser la baisse de pression rapide et donc évacuer l’azote lors d’une remontée brutale. Car les mécanismes de remplissage et de dégonflage de vessie se font par voie sanguine et sont très lents. Cette particularité fait qu’il peut être mortel pour ce poisson de le remonter trop vite en surface quand on le pêche dans de grandes profondeurs. (Retrouve en bas d’article un lien vers un explication détaillée de ce phénomène, de ses conséquences et qui explique aussi comment l’éviter au maximum.)

Le sandre peut (comme la perche) être sujet au phénomène de nanisme qui peut l’empêcher d’atteindre une taille importante en fonction du milieu dans lequel il se trouve même si les causes de ce phénomène sont encore discutées au moment où j’écris ces mots.

 

Alors ça ne t’as quand même pas aidé un peu de savoir tout ces détails-là sur ce poisson ? Je te l’avais dit que c’était important ! Aller, on continue !

 

La reproduction chez le sandre:

Photo: Source

Le frai a lieu entre avril et août (le plus souvent en Mai/Juin) lorsque l’eau atteint une température autour de 10 à 14 °C, sur un substrat de gravier (ou du moins, un fond dur mais le sandre a une préférence préférence pour un sol sableux), à une profondeur allant de 1 à 4 m mais qui peut atteindre jusqu’à 17 m en lac. L’idéal est sur un fond pourvu de grandes racines, rochers et herbiers divers afin d’offrir un maximum de protection aux œufs et aux futurs alevins.

Il a été observé que le sandre à tendance à rester fidèle à un même site de ponte chaque année.

Avant le frai, et après une migration d’une distance plus ou moins variable en fonction du milieu dans lequel les sandres se situent, le mâle arrive sur un lieu qu’il choisit pour préparer un nid relativement circulaire : Il va nettoyer ce dernier en débarrassant le substrat de toute trace de vase afin qu’il soit le plus « propre » possible. Le nid prend alors la forme d’une petite fosse d’environ 5cm de fond et de 50cm de diamètre pour un mâle mesurant approximativement 50cm car la taille du nid est variable en fonction de la taille du mâle qui le construit. Ce nid est creusé à même le sol, entre des branches ou des herbiers dans des zones exposées au soleil afin de garantir une température optimale à la future ponte. Une fois le nid formé, le mâle va « parader » autour de ce dernier afin d’attirer une potentielle femelle passant par là afin que cette dernière vienne pondre ses œufs sur le nid qu’il a préparé.

La ponte s’effectue en général de nuit. La femelle dépose alors ses œufs par « paquets collants » au substrat, à même le fond du nid et le mâle les féconde immédiatement en y déposant sa laitance. En effet, chez les poissons, la fécondation est dite « externe » car elle se déroule dans le milieu extérieur, soit dans le cas présent: dans l’eau.

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Une fois la ponte effectuée, la femelle quitte le nid pour reprendre des forces en chassant le plus possible mais il n’est pas rare que certaines femelles ne survivent pas par la suite.

Après le frai, le mâle protège la ponte (c’est la fameuse période durant laquelle il prend alors son nom de « Charbonnier » car il change alors de couleur pour devenir plus foncé à la limite du noir) : il chasse les intrus et menaces potentielles (assez férocement et ce, peu importe leur taille ! Il y a d’ailleurs pas mal de témoignages de plongeurs/nageurs s’étant fait mordre par un papa sandre énervé car ces derniers s’étaient trop approchés du nid qu’il gardait… ), il ventile la couvée grâce à des mouvements circulaires de ses