Fiche Espèce: Le Brochet.

Dernière mise à jour : 14 mars

La fiche espèce sur le sandre terminée, partons sur un autre poisson ! Voici le second volume de cette série d’articles où nous décortiquons chaque espèce afin d’approfondir un peu plus tes connaissances sur le sujet.

Sur le groupe Facebook du blog (lien -> ICI), j’ai refait un petit sondage pour savoir quel était le poisson qui intéresse le plus les lecteurs et membres de la communauté de BlackRiver et c’est le Brochet qui a pris la tête du sondage cette fois-ci (sans grandes surprise…). Cette seconde fiche lui sera donc dédiée et j’espère qu’elle te plaira autant que je prends de plaisir à te la rédiger !

Bon, prêt(e) à en apprendre plus sur ce puissant carnassier ?

Comme d’habitude,

Installe toi confortablement, prends un café et détends toi,

C’est parti !

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Brochet de rivière de 68cm

Nom commun: Brochet ou Grand Brochet

Espèce: Esox lucius

Genre: Esox

Famille: Esocidae

Taille (adulte): 30 à 70 (En moyenne) il peut atteindre jusqu’à 1m30-1m40 (mais très rares !). En général, les plus gros spécimens pêchés se situent entre 1m et 1m20.

Poids (moyen): 1kg à 9kg en fonction de sa taille. (Certains individus rares peuvent atteindre la barre des 20kg fonction de leur taille !)

Longévité: entre 10 et 15ans. (20 pour certaines femelles)

Mode de vie: Solitaire, Sédentaire et Diurne

Régime alimentaire: Principalement ichtyophage mais il se nourrit également de petits oiseaux aquatiques, de mammifères s’aventurant sur l’eau ou d’amphibiens (souris, grenouilles, etc.). Il est aussi cannibale et n’hésite pas à dévorer ses semblables. (En bref: Un tueur né !)

Période de reproduction: De février à fin Mars/début Avril (en fonction du climat et plus particulièrement de la température.).

 

Encore merci à Axel (Team de BlackRiver ) pour cette magnifique photo !

Origine & Histoire:

Le nom « Brochet » vient en fait du français « broche » en allusion, à la forme pointue du museau de ce poisson. Il semblerai (au gré de mes recherches sur le sujet) que cela peut avoir aussi un rapport avec le fait qu’au Moyen-âge, on le cuisinait de préférence à la broche.

Le nom latin « Esox » vient du grec « isox«  qui signifie « Saumon » mais le terme est aussi à comparer avec les mots eog en breton et en gallois, éok en cornique, éo (gén. iach) en vieil irlandais. Ce mot est passé ensuite en latin où il désignerai un poisson du Rhin. (source).

Ensuite, « lucius » du latin « lux » qui signifie lumière.

On peut donc déduire que « Esox lucius » signifie littéralement « Saumon lumineux« . (je ne vois pas vraiment le rapport avec le saumon personnellement mais ce sont des faits on ne sait rien redire là dessus…Il y a sûrement un rapport mais je n’ai pas trouver lequel dans mes recherches… Linné devait avoir bu ce jour là si c’est bien ça..) ou alors « Poisson du Rhin lumineux » (ce qui, à mon sens, semble plus logique).

Niveau surnoms, il en a pas mal celui là ! Broc, bec, bec-de-canard, béquet, brochette, brouché, buché, filaton, flute, goulu, grand-bec, grand-gousier, lanceron, lançon, luceau, pognan, pogneau, poignard, sifflet, gobe poisson, fusil, requin de rivière ou d’eau douce, piraña francesa (traduction: Piranha Français) ou encore Pike qui signifie « Brochet » en anglais. Tu noteras une particularité sur cette espèce concernant ses surnoms, c’est qu’en fonction sa taille, on lui donne un surnom différent aussi pour le décrire. (voir image ci-dessous).

Source image.

Ce poisson de la famille des « Esocidae » est sans aucuns doutes l’un des plus grands poissons prédateurs de l’hémisphère Nord. Il fait partie des poissons d’eau douce ayant la plus vaste répartition naturelle au monde, Il a aussi été largement introduit en dehors de son aire d’origine, par exemple au Maroc par les français au début du XXème siècle.

Il a longtemps été considéré à tort comme un poisson dévorant tout ce qui se présente à sa portée, il est reconnu aujourd’hui comme un excellent régulateur de population des lacs et des étangs. Il est souvent introduit dans les plans d’eau où les carpes sont en surnombre afin de réguler les populations. Le brochet est à présent (au niveau européen), considéré comme « vulnérable » mais les populations semblent bien se porter notamment grâce à de nombreuses actions sur le terrain et à l’arrivée en puissance du mouvement « No Kill« , de la part des pêcheurs, depuis la fin des années 50 mais aussi de plusieurs études et campagnes d’informations menées sur lui afin de lui retirer l’étiquette de « monstre glouton d’eau douce ». (remarque 100% personnelle: en espérant que le silure suivra le même pas..). Malheureusement, à certains endroits dans le monde, le brochet est menacé d’extinction par le changement de son biotope: pollution, manque de précipitation, et plus sûrement encore par la destruction systématique de ses lieux de reproduction (zones et prairies inondables) par le bétonnage des berges et le mitage des zones inondables. La pêche abusive de l’espèce est également une menace pour lui dans certains coins du monde. En de nombreux endroits, l’espèce a été supplantée par le sandre. Le brochet fait l’objet d’un élevage important pour le repeuplement des cours d’eau : plus de 10 millions de juvéniles et 300 000 jeunes âgés d’environ deux mois sont relâchés chaque année en moyenne.

On dénombre 7 espèces distinctes de Brochets parmi le genre Esox (réparties entre l’Europe, l’Asie et L’Amérique du Nord) et l’une d’entre elles (Esox americanus) possède 2 sous espèces. Celui que l’on retrouve ici en Belgique et qui est décrit dans cet article est le Grand Brochet (Esox lucius) que l’on peut retrouver également un peu partout en Europe et en Amérique du Nord aussi bien en étang, en lac ou en rivière. Chez nos voisins français, on peut trouver 3 espèces de brochets (dont une découverte récemment suite à des recherches au niveau génétique sur ce poisson: l’Esox aquitanicus appelé « Brochet aquitain » qui possède un museau plus court et une apparence plus trapue que con cousin (photo ci après).

Source Photo

 

« Bon c’est bien joli tout ça mais en quoi ça va m’aider dans ma pêche de cette espèce ? » Me diras-tu.

A rien (pour la plupart des informations)… Mais c’est toujours intéressant à savoir donc prends-en note quand même ! (Et puis, à dire avec le petit doigt levé en buvant son verre de vin à table lors d’un repas ça peut toujours faire son effet.).

Rentrons un peu plus dans les détails de cette espèce afin que tu comprennes mieux sa vie et donc que tu puisses en tirer des conclusions utiles pour toi mieux le pêcher.

 

Crâne de Brochet (source image)

Anatomie du Brochet (si, crois moi c’est utile à savoir !):

Le Brochet est une espèce de grand poisson osseux d’eau douce que l’on peut occasionnellement retrouver en eau saumâtre (plus d’explications à ce sujet plus bas dans l’article).

Il possède les attributs physiques de la famille des Esocidae c’est à dire que l’opercule branchiale raccourcie dorsalement, le suboperculaire en forme de croissant, un petit supramaxillaire (un os de la mâchoire) et les écailles antérieures à fortes crêtes. Les os palatins du vomer sont couverts de fortes dents. Lire plus: https://www.aquaportail.com/taxonomie-famille-470-esocidae.html

Cette espèce est identifiable du fait de sa morphologie fuselée en forme en balle de fusil. c’est un poisson fusiforme, dont les flancs de couleurs verdâtres ou jaunâtres vers le dos deviennent blancs vers le ventre. Les nageoires sont de couleurs rouges-orangées et portent des rayures sombres. Les nageoires impaires sont en arrière de l’animal (permettant une propulsion phénoménale lors de ses accélérations). La robe du brochet va du vert clair au noir suivant la couleur dominante des habitats colonisés. Les flancs sont plus clairs avec des bandes transversales plus foncées. Lors de la croissance de cette espèce, les rayures obliques des jeunes laissent place à des lignes horizontales.

Concernant sa tête, elle ressemble à un bec de canard. La mandibule est plus longue que la mâchoire supérieure et sa gueule comporte pas loin de 700 dents incurvées vers l’arrière afin de mieux garder en gueule sa proie ! (autrement dit: fais bien gaffe quand tu le manipule, ça ne pardonne pas quand on se fait mordre ! Certains pêcheurs ont déjà finis à l’Hospital après une rencontre avec ce poisson.). Sa gueule est tellement large qu’elle lui permet d’ingurgiter des proies mesurant jusqu’à 2/3 de sa taille ! (donc la taille de ta main ne représente pas une grand obstacle pour lui te mordre..)

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Ses yeux sont noirs, entourés d’or et immobiles au-dessus de la tête avec un champ visuel de 70° lui offrant un vision binoculaire, qui lui permet d’apprécier les distances et de fondre sur sa proie. Il a une très bonne vision des couleurs mais n’est pas un expert concernant la vision nocturne.

Dimorphisme sexuel: En général, la femelle est toujours plus grosse que le mâle mais ce critère n’est pas fiable pour l’identification du sexe d’un individu (car tu peux tomber sur une petite femelle ou un gros mâle..). La seule façon de déterminer avec certitude le sexe d’un brochet est d’attendre la période de reproduction, la femelle possède alors une bosse rougeâtre entre l’anus et l’orifice urogénital tandis que cet orifice débouchera plutôt au niveau d’une fente transversale chez le mâle et sera plat.

Dimorphisme sexuel visible lors de la période de reproduction

Devant ses yeux il possède deux narines. Il s’agit de petits canaux (tubes) dans lequel l’eau circule : elle y est filtrée et analysée par notre prédateur. Tous ces messages olfactifs sont très bien interprétés et guident le brochet dans sa recherche de nourriture. Le brochet possède donc un odorat bel et bien développé ! On remarque qu’il s’en sert surtout la nuit et en hiver quand les eaux sont plus froides.

De pores céphaliques sont parsemés sur sa tête (sur le dessus et le dessous), il y en a +- 37 et ils ont le même rôle que la ligne latérale. Ce sont de véritables radars, ils permettent au brochet de détecter le moindre mouvement, la moindre vibration, le moindre bruit et ce, dans un rayon de plus de 15 mètres. Ce qui lui permet d’identifier et de localiser une proie potentielle sans même l’avoir dans sa ligne de vue. (c’est pas stylé ça ?!)

La vessie natatoire du brochet est directement liée à ses branchies (on dit qu’elle est « ouverte »). Cela signifie que les échanges gazeux sont très rapides et que prendre un brochet en profondeur n’a généralement aucune incidence contrairement au Sandre ou la perche.